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Le Beau XVIe, un âge d'or

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Bibliographie

  • Collectif. – Aube. – Editions Bonneton. – 1994
  • Collectif. – Histoire de Troyes. – Editions de la Maison du boulanger. – 1997
  • Peudon, Jean-Louis. – Aux origines d’un département : l’Aube en Champagne. – Dominique Guéniot éditeur. – 2003

La fin de la Guerre de Cent Ans, puis la fin des conflits avec la Bourgogne voisine ouvrent une période faste pour la Champagne et la ville de Troyes. La renaissance d’un commerce florissant pousse une bourgeoisie enrichie à embellir églises et hôtels particuliers. Ce « Beau XVIe » champenois constitue un véritable âge d’or pour la sculpture et le vitrail dans toute la région. Après 1562, les Guerres de religion, sonneront le glas de cette période remarquable.

Le retour de la Champagne et de Troyes dans le giron du royaume de France amorcent une phase d’expansion économique. Les rois de France, notamment Louis XI, se méfient de cette frontière avec une Bourgogne toujours puissante. La mort de Charles le Téméraire (1477), duc de Bourgogne, permet finalement de déboucher sur la paix, même si des bandes de soldats pillent encore les campagnes champenoises à l’occasion.

Les rois de France ont besoin du soutien financier des villes les plus importantes pour financer les guerres d’Italie. Troyes est mise à contribution. Des échevins sont portés à la tête de la cité. En 1483, Jean de Marisy est le premier maire de la commune. Dix ans plus tard, le marchand Edmond le Boucherat dirige Troyes et son conseil de huit échevins, installé en 1494 à l’hôtel de Mesgrigny.

L'Aube devient une zone frontalière avec la Bourgogne et la Lorraine. La paix revenue. l’expansion économique reprend. Les foires de Champagne sont relancées, malgré la concurrence lyonnaise. Le centre économique du monde s’est déplacé vers Venise et Anvers, qui tirent profit de leurs positions stratégiques dans le commerce de la soie, de la laine et des épices. Mais la Champagne, dès le règne de Louis XI, dispose encore de nombreux atouts.

Le textile, les tanneries et le travail du cuir constituent déjà des points forts de la région. Dès 1474, la soie fait son apparition, puis les papeteries. On compte ainsi 9 moulins à papier en 1493 à Troyes. Le développement de l’imprimerie en est une conséquence naturelle. La famille Le Rouge s’installe à Troyes où elle imprime le premier livre troyen en 1483.

La vie intellectuelle se développe. Les évêques Louis et Jacques Raguier - neveu du premier -, proches de Guillaume Budé, importent l’Humanisme en Champagne.

Les nombreux échanges commerciaux enrichissent la bourgeoisie locale. Ville de transit entre l’Italie, Lyon et les Flandres, Troyes voit sa population augmenter de manière spectaculaire. De 11 000 habitants dans les années 1440, la ville passe à plus de 23 000 au tournant du XVIe siècle, ce qui fait de Troyes la 5e ville du royaume.

Relief de la Passion
Relief de la Passion : la restitution des deniers, église Saint-Jean, Troyes. Albâtre. De Jacques Juliot. D’une grande finesse de taille, ce haut-relief compte parmi les œuvres les plus célèbres de la sculpture champenoise de la Renaissance.Relief de la Passion : la restitution des deniers, église Saint-Jean, Troyes. Albâtre. De Jacques Juliot. D’une grande finesse de taille, ce haut-relief compte parmi les œuvres les plus célèbres de la sculpture champenoise de la Renaissance.

Les hautes maisons fleurissent, avec rez-de-chaussée bas, pignon pointu, étages à encorbellement et colombages.

Foyer d’excellence, la cité s’anime au coeur du siècle de la Renaissance et des Grandes Découvertes. Son rayonnement artistique dépasse les frontières. On s’arrache la main-d’oeuvre et le savoir-faire troyens jusque sur le chantier du château de Fontainebleau !

Les échanges artistiques influencent énormément les sculpteurs champenois. Les inspirations germaniques, flamandes et italiennes constituent la base d’une production artistique nouvelle. Du gothique tardif représenté par les oeuvres du Maître de Chaource, le goût évolue ainsi vers le maniérisme alors à la mode dans toutes les grandes cours d’Europe.

Terre d’accueil et de tolérance, bien des artistes viennent s’installer en Champagne, à l’image de Dominique Florentin, artiste italien, originaire de Florence.

Ce commerce florissant conforte une aristocratie et fait émerger une bourgeoisie désireuses, toutes deux, d’affirmer leur puissance – en même temps que leur ferveur religieuse. Quelques grandes familles de notables administrent alors la ville dont la population ne cesse d’augmenter.

Ce sont elles qui se dévouent en tant que mécènes pour contribuer au rayonnement de l’Eglise. Commanditaires des oeuvres, comme le jubé de l’église Sainte-Madeleine, réalisé par Jean Guayde (1508-1516), elles sont à l’origine d’une production foisonnante – et d’excellence – dans les domaines de la sculpture, du vitrail et de la peinture. 

Des sculpteurs s’illustrent dans toute la région, comme Pierre Jacques ou Nicolas Halins...

Le vitrail n’est pas en reste : le XVIe siècle s’impose comme un véritable âge d’or.

Le grand incendie de 1524

Les catastrophes ou maladies n’ont cependant pas disparu. Outre les bandes de pillards, la région subit plusieurs épidémies de peste, notamment en 1522-1523.

Troyes se trouve peu après ravagée par un incendie en 1524. Le 24 mai, la maison d’un apothicaire s’enflamme à l’angle de la rue de l’Epicerie (actuelle rue Emile-Zola) et de la rue du Temple (rue du Général Saussier). Dans ce grand incendie, favorisé par des rues étroites et un vent important qui dispersent les flammèches, tout le quartier marchand s'embrase. Le quartier du Beffroi et une bonne partie du quartier de Concels disparaissent, ainsi que le clocher de l’église Saint-Jean, les églises Saint-Pantaléon et Saint-Nicolas, la Monnaie, le Beffroi, trois hôpitaux et la commanderie du Temple.

Plus de 1 500 maisons, soit le quart de la ville, sont détruites. Les rumeurs sur les causes de l’incendie foisonnent. Plusieurs habitants sont condamnés sans procès dans une véritable chasse aux suspects.

Troyes. Rue Champeaux et sa tourelle de l’Orfèvre.
Troyes. Rue Champeaux et sa tourelle de l’Orfèvre.Troyes. Rue Champeaux et sa tourelle de l’Orfèvre.

Les échevins réagissent rapidement. Dès les mois qui suivent, la ville se reconstruit. Troyes et la Champagne entrent dans l’ère moderne. Le style Renaissance apparaît dans les nouveaux bâtiments des puissants marchands : maisons à pans de bois, hôtels de pierre et de brique, églises reconstruites et parées de sculptures et vitraux majestueux…

A la mi-XVIe siècle, Troyes compte environ 30 000 habitants. Un tribunal de commerce ouvre en 1564, pour régler les litiges entre les marchands venus de Flandres, Lyon, d’Allemagne, de Genève. Papeteries, draperies et toileries prospèrent. Cette richesse développe aussi le goût du luxe, via le commerce de la soie et l’orfèvrerie.

Trente années de troubles

Vitrail - Entrée de Henri IV à Paris
Vitrail - Entrée de Henri IV à ParisVitrail - Entrée de Henri IV à Paris

 

Cette période faste s’achève avec les Guerres de religion, qui vont dévaster la région.

Dans les années 1520-1530, de riches marchands et artisans se convertissent au protestantisme.

Les relations avec le camp catholique se tendent, jusqu’au drame de 1562. Les hommes du duc de Guise massacrent des protestants à Wassy, à 52 km de Troyes. Les ultras catholiques du clan des Guise ont la mainmise sur la Champagne et provoquent l’exode de nombreux marchands et artisans vers Genève, portant un coup fatal à la richesse de Troyes, endettée par trente années de troubles.

Un vitrail réalisé par l'atelier de l'Aubois Linard Gontier rappelle l'entrée de Henri IV à Paris en 1593. Le 25 juillet, le roi abjure le protestantisme. Henri IV est sacré en 1594, à Chartres et pacifie peu à peu le royaume.

A la fin du XVIe siècle, Troyes ne compte plus que 20 000 habitants, qui assistent avec joie en 1595 à l’entrée du roi Henri IV dans la ville.

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