page accueil www.cg-aube.fr

Maison

Napoléon et l'Aube, histoires croisées

Ressources

Partenaires

Documents

Eléments graphiques

Le Conseil général de l'Aube met à disposition de tous un visuel "Aube Napoléon 2014" pouvant être utilisé pour la communication de tout événement se rapportant à Napoléon et se déroulant dans l'Aube en 2014.

Brienne-le-Château, les années de formation

Statue Napoléon à Brienne
Statue de Napoléon Bonaparte, écolier à Brienne-le-Château. Œuvre du sculpteur Louis Rochet, cette statue en bronze fut réalisée en 1855, puis placée devant l’hôtel de ville de Brienne-le-Château en 1859. Le socle porte une citation de Napoléon : « Pour ma pensée, Brienne est ma patrie, c’est là que j’ai ressenti les premières impressions de l’homme ». Représenté sous les traits d’un écolier âgé de 15 ans, Napoléon porte « Les vies des hommes illustres » de Plutarque, son livre favori. Cette sculpture a été financée par le legs de Napoléon III, qui exécutait là le testament de son oncle. (c) Office de tourisme de BrienneStatue de Napoléon Bonaparte, écolier à Brienne-le-Château. Œuvre du sculpteur Louis Rochet, cette statue en bronze fut réalisée en 1855, puis placée devant l’hôtel de ville de Brienne-le-Château en 1859. Le socle porte une citation de Napoléon : « Pour ma pensée, Brienne est ma patrie, c’est là que j’ai ressenti les premières impressions de l’homme ». Représenté sous les traits d’un écolier âgé de 15 ans, Napoléon porte « Les vies des hommes illustres » de Plutarque, son livre favori. Cette sculpture a été financée par le legs de Napoléon III, qui exécutait là le testament de son oncle. (c) Office de tourisme de Brienne

 

« Pour ma pensée, Brienne est ma patrie ; c’est là que j’ai ressenti les premières impressions de l’homme. » C’est par ces mots que Napoléon Bonaparte rend hommage à Brienne-le-Château, la ville où il commença sa formation militaire. Il est âgé d’à peine dix ans lorsqu’il entre à l’école militaire royale de Brienne, le 15 mai 1779. Il quitte Brienne le 30 octobre 1784, pour entrer à l’Ecole militaire de Paris.

Durant ces cinq années passées à Brienne-le-Château, l’élève Bonaparte est bien noté, mais semble-t-il assez peu populaire. Moqué par ses camarades à cause de son accent et de sa pauvreté, il trouve refuge dans la solitude et la lecture. L’enseignement n’a de militaire que le nom : ni la tactique, ni la stratégie ne sont enseignées, le but de l’école est avant tout de former des gentilshommes.

 

 

Napoléon enfant à Brienne
Napoléon enfant à son entrée à l’école militaire royale de Brienne-le-Château. Carte postale datant de la fin du XIXe siècle, d’après le tableau de Réalier Dumas. « Fier, hautain, taciturne, il s’isolait volontiers de ses camarades à son entrée à l’Ecole. » Napoléon arrive à Brienne-le-Château en 1779, il en sort diplômé en 1784. © Archives départementales de l’AubeNapoléon enfant à son entrée à l’école militaire royale de Brienne-le-Château. Carte postale datant de la fin du XIXe siècle, d’après le tableau de Réalier Dumas. « Fier, hautain, taciturne, il s’isolait volontiers de ses camarades à son entrée à l’Ecole. » Napoléon arrive à Brienne-le-Château en 1779, il en sort diplômé en 1784. © Archives départementales de l’Aube

 

La ville où l’Empereur « est né militaire »

De l'éducation de Napoléon à Brienne, on sait peu de choses : la légende s’est construite autour de récits plus ou moins fiables. La célèbre bataille de boules de neige, immortalisée par le film d’Abel Gance et par l’imagerie d’Epinal, n’a peut-être pas eu lieu. Cependant, la rigueur et la force de travail de Napoléon se sont bien forgées en Champagne.

Napoléon a conservé une nostalgie certaine de cette période. Pour preuve, il a apporté de nombreuses aides apportées à d’anciens condisciples ou professeurs les années suivantes.

L’Empereur séjourne brièvement à plusieurs reprises à Brienne. En avril 1805, il s’y arrête une journée alors qu'il se rend à Milan, pour y être couronné roi des Lombards, pour une promenade paisible. En 1814, pendant la campagne de France, il y est accueilli chez un ancien professeur. Napoléon remporte alors une bataille, le 29 janvier.

De sa formation à sa chute, Brienne reste un lieu décisif dans la vie de Napoléon, qui ne l’oubliera pas. De Sainte-Hélène, il lègue un million de francs à la commune pour sa reconstruction. C’est son neveu Napoléon III qui exécutera en partie ces volontés, en offrant 100 000 francs pour la reconstruction de l’hôtel de ville.

Brienne et Napoléon : une histoire si intimement liée… que la cité porte le nom de Brienne-Napoléon de 1849 à 1880.

 

L’Ecole militaire royale de Brienne-le-Château

La ville de Brienne est le fief d’une des plus prestigieuses familles de la vieille aristocratie française. L’une de ses branches, les Loménie de Brienne, occupe encore les plus hautes charges sous le règne de Louis XVI. Brienne-le-Château est choisie en 1776 comme siège d’une des 12 écoles militaires royales préparatoires à la grande Ecole militaire de Paris, fondées par le comte de Saint-Germain.

L'organisation en est confiée aux Minimes. Ces derniers aliènent une partie de leur patrimoine pour parvenir à accueillir 120 jeunes nobles dans des bâtiments neufs ou rénovés – 60 élèves fortunés, à la charge de leur famille, et 60 "élèves du roi", ou boursiers, pour lesquels le roi verse une pension annuelle de 700 livres. Ces élèves, âgés de 9 ou 10 ans, doivent obligatoirement savoir lire et écrire et bénéficier de l’appui d’un haut personnage. Les religieux leur fournissent l’instruction, mais également le matériel scolaire, deux uniformes par an, le gîte, le couvert, et deux livres d’argent de poche par mois.

Des études strictement encadrées

Napoléon enfant
Napoléon enfant travaillant sur une mappemonde. Reproduction d’une gravure. © Archives départementales de l’AubeNapoléon enfant travaillant sur une mappemonde. Reproduction d’une gravure. © Archives départementales de l’Aube

Les études, strictement encadrées, durent 5 à 6 ans, durant lesquels il est interdit de quitter l’école. Les élèves, formés notamment en français, latin, mathématiques et arts d’agrément, reçoivent en parallèle un début d’instruction militaire, ainsi que des cours de fortification (en dernière année). En fin d’année, un inspecteur général évalue les élèves et les répartit selon leurs compétences. Les meilleurs sont destinés à l’artillerie, au Génie ou à la Marine, les moyens à l’infanterie, les plus mauvais sont renvoyés à leur famille.

Napoléon Bonaparte, élève solitaire

Bonaparte, qui bénéficie de la caution du gouverneur de Corse, le comte de Marbeuf, arrive à Brienne le 15 mai 1779, à l’âge de 9 ans et 9 mois. Auparavant, il a séjourné 4 mois au collège d’Autun, où il a perfectionné son français.  

Pendant 5 ans, il sera isolé à Brienne, ne recevant qu’une seule visite de son père, à la fin de sa scolarité. Coupé de ses camarades par son manque de réseau au sein de la noblesse continentale et en raison de son accent et de sa pauvreté relative, Napoléon semble se consacrer essentiellement à ses études. Son manuel de géographie, récemment authentifié, témoigne de son application dans les études. Quelques anecdotes, dont il est pratiquement impossible de déterminer la vérité historique, émaillent ces années. Bonaparte se serait ainsi aménagé un jardin au cœur de l’école, jardin qu’il aurait farouchement défendu contre ses camarades, et au sein duquel il aurait aimé à se réfugier dans ses moments de temps libre.

Une bataille de boules de neige légendaire

Bataille de boules de neige, 1784
Selon la légende, au cours de l’hiver 1784, particulièrement rigoureux, Napoléon Bonaparte aurait poussé ses camarades à créer deux forteresses de neige et à participer à une bataille de boules de neige. Ses connaissances en fortifications lui auraient permis d’inventer des manœuvres et de diriger les batailles entre les élèves. Le thème est repris par quelques biographes, puis par l’imagerie d’Epinal, pour démontrer la précocité du génie tactique de Napoléon. © Archives départementales de l’AubeSelon la légende, au cours de l’hiver 1784, particulièrement rigoureux, Napoléon Bonaparte aurait poussé ses camarades à créer deux forteresses de neige et à participer à une bataille de boules de neige. Ses connaissances en fortifications lui auraient permis d’inventer des manœuvres et de diriger les batailles entre les élèves. Le thème est repris par quelques biographes, puis par l’imagerie d’Epinal, pour démontrer la précocité du génie tactique de Napoléon. © Archives départementales de l’Aube

Il se serait également illustré dans les jeux guerriers organisés par les Minimes, voire par les élèves eux-mêmes. C’est dans ce cadre que prend place la célèbre, et peut-être légendaire, « bataille de boules de neige », épisode d’une longue série de batailles rangées organisées par Bonaparte au cours des rigoureux mois de l’hiver 1784.

La même année, le 21 juin, Bonaparte reçoit la visite de son père, venu déposer son frère Lucien à l’école, avant d’accompagner sa sœur Maria-Anna à Saint-Cyr. Ce sera leur dernière rencontre. Après avoir réussi son examen d’intégration dans l’artillerie, et avoir été jugé digne – avec 4 de ses camarades – d’intégrer l’Ecole militaire de Paris, il quitte Brienne le 30 octobre 1784.

Pont-sur-Seine, l’histoire de famille

Affiche
Affiche – compliment à Madame Mère à Pont-sur-Seine. Napoléon fait l’acquisition du château de Pont-sur-Seine en 1805. L’acte de vente est au nom de Laetizia Ramolino, sa mère, qui diligentera quelques travaux durant son séjour, jusqu’en 1813. © Archives départementales de l’AubeAffiche – compliment à Madame Mère à Pont-sur-Seine. Napoléon fait l’acquisition du château de Pont-sur-Seine en 1805. L’acte de vente est au nom de Laetizia Ramolino, sa mère, qui diligentera quelques travaux durant son séjour, jusqu’en 1813. © Archives départementales de l’Aube

 En 1805, Napoléon fait l’acquisition du château de Pont-sur-Seine, au nom de sa mère. Ce château fut construit à partir de 1632 par le surintendant des finances de Louis XIII, Claude Bouthillier de Chavigny. Le prince François-Xavier de Saxe y résida de 1775 à 1790. A partir de 1805, c’est la mère de Napoléon, Madame Laetizia Ramolino – "Madame Mère" -, qui y vit. Ni trop près, ni trop loin de Paris, Pont-sur-Seine reste accessible par la voie fluviale.

Pont-sur-Seine
Le château de Pont-sur-Seine. Vue à la fin du XVIIe siècle, avant les travaux commandés par « Madame mère » puis les destructions de 1814. © Musée des Beaux-Arts, Troyes, Inv. 54.4Le château de Pont-sur-Seine. Vue à la fin du XVIIe siècle, avant les travaux commandés par « Madame mère » puis les destructions de 1814. © Musée des Beaux-Arts, Troyes, Inv. 54.4

La campagne de France se montre cruelle avec le château : le 13 mars 1814, il aurait été pillé par les troupes du Prince de Wurtemberg. Un incendie le ravage alors. Il faudra attendre 1820 pour que l’industriel Casimir Périer – grand père de Jean Casimir-Périer, président de la République en 1894 – rachète les ruines et le reconstruise en partie.

Selon la légende, Napoléon souhaitait initialement acheter le château de Brienne. La comtesse aurait refusé de céder l’héritage de la famille des Loménie. « Brienne, c’est beaucoup pour moi », aurait dit Napoléon à la comtesse, qui lui aurait rétorqué : « Pour moi, Brienne, c’est tout. »

Troyes, la ville étape en 1805 et 1814

La ville de Troyes constitue une ville-étape pour Napoléon. Il fait un court séjour dans l’Aube, à Troyes et à Brienne-le-Château, du 2 au 5 avril 1805, sur la route de Milan. Lors de ce passage, il jette les bases d’un projet important pour le département : le canal de la Haute Seine.

Napoléon Ier s’intéresse à nouveau à Troyes lors de la campagne de 1814. Les fortifications sont en trop mauvais état pour défendre la ville et Napoléon décide de ne pas en faire une place-forte. Napoléon séjourne à trois reprises dans la cité pendant le conflit : du 3 au 5 février, du 23 au 26 février et le 29 mars 1814.

La visite de 1805

Bassin préfecture
Plan du projet de canal de la Haute-Seine : bassin de la préfecture à Troyes. Lors de son séjour à Troyes en 1805, Napoléon Ier jette les bases d’un canal visant à rendre la Seine navigable jusqu’à Châtillon. Les travaux de creusement du bassin de la préfecture débutent en 1808, mais le projet est finalement abandonné en 1823. © Archives départementales de l’AubePlan du projet de canal de la Haute-Seine : bassin de la préfecture à Troyes. Lors de son séjour à Troyes en 1805, Napoléon Ier jette les bases d’un canal visant à rendre la Seine navigable jusqu’à Châtillon. Les travaux de creusement du bassin de la préfecture débutent en 1808, mais le projet est finalement abandonné en 1823. © Archives départementales de l’Aube

Napoléon ne revient dans l’Aube qu’en avril 1805, à l’occasion de son voyage à Milan, où il va recevoir la couronne des rois Lombards. Accompagné de l’impératrice Joséphine, il séjourne à Troyes les 2 et 3 avril. Reçu par les autorités, il manifeste un intérêt certain pour la ville, faisant notamment remarquer que les maisons en bois, infestées de punaises, devraient être reconstruites en pierre. Il décide également, par un décret, le creusement du canal de la Haute-Seine, destiné à rendre la Seine navigable jusqu’à Bar-sur-Seine et Châtillon. Les circonstances bloquent les travaux jusqu’en 1846, sauf pour le bassin de la Préfecture, qui est mis en chantier dès 1808 – grâce à des prisonniers de guerre espagnols.

Poème
Poème adressé à Napoléon lors d’une visite à Troyes. Ce poème, récité par une jeune femme, est un compliment adressé à Napoléon lors d’une de ses visites à Troyes (sans doute 1805). On retrouve le même type de poème, presque mot pour mot, en l’honneur du roi à la Restauration. © Archives départementales de l’AubePoème adressé à Napoléon lors d’une visite à Troyes. Ce poème, récité par une jeune femme, est un compliment adressé à Napoléon lors d’une de ses visites à Troyes (sans doute 1805). On retrouve le même type de poème, presque mot pour mot, en l’honneur du roi à la Restauration. © Archives départementales de l’Aube

Napoléon quitte Troyes le 3 avril, vers 14 h, pour se rendre à Brienne. Vicaire de Brienne-le-Château de 1788 à 1814, l’abbé Legrand a laissé un récit détaillé de ce court séjour. Accueilli par la comtesse de Brienne, ainsi que par le maire, M. Tabutaut, l’Empereur accorde notamment le versement d’une somme de 12 000 francs-or pour réparer les dégâts subis par la commune lors de la Révolution. Il envoie  trois sœurs de la Charité pour reprendre en main l’hôpital. La somme sera versée dès le 6 avril. Quant aux sœurs, elles prendront leurs fonctions début mai. L’Empereur passe une nuit au château – où il n’avait sans doute jamais été invité quand il était élève – puis revient à Troyes le 4 avril. Il y passe une nouvelle nuit, avant de quitter la ville le 5 avril. Il n’y reviendra qu’en février 1814. 

Trois passages en 1814

Napoléon Ier s’intéresse à nouveau à Troyes lors de la campagne de 1814. Les fortifications sont en trop mauvais état pour défendre la ville et Napoléon décide de ne pas en faire une place-forte. Napoléon séjourne à trois reprises dans la cité pendant le conflit : du 3 au 5 février, du 23 au 26 février (dans le bâtiment actuellement occupé par le Cours Saint-François-de-Sales, rue du Général Saussier) et le 29 mars 1814.

1814, le génie tactique à l’œuvre

La campagne de France apparaît aux yeux des spécialistes comme la plus remarquable campagne de Napoléon depuis la campagne d’Italie (1796-1797). Comme en Italie, Napoléon s’appuie sur une armée faible en effectifs ; il surprend en permanence ses adversaires grâce à une grande mobilité et à des attaques indirectes sur les arrière-gardes, tirant ainsi le meilleur parti de ses maigres ressources. Cette brillante campagne est toujours enseignée dans les écoles militaires de nos jours !

Malgré tout, si Napoléon remporte de nombreuses batailles, il perd la guerre. Ses effectifs réduits n'ont réussi qu'à retarder l’échéance jusqu'à ce qu'il soit contraint à abdiquer, abandonné par ses officiers.

Batailles et escarmouches sur la terre de jeunesse

Napoléon entre à Brienne, 1814
Entrée de Napoléon à Brienne-le-Château, 29 janvier 1815. Carte postale datant de la fin du XIXe siècle. Napoléon quitte Paris le 25 janvier 1814 pour rejoindre le front à Saint-Dizier, avant de tenter de surprendre Blücher à Brienne. © Archives départementales de l’AubeEntrée de Napoléon à Brienne-le-Château, 29 janvier 1815. Carte postale datant de la fin du XIXe siècle. Napoléon quitte Paris le 25 janvier 1814 pour rejoindre le front à Saint-Dizier, avant de tenter de surprendre Blücher à Brienne. © Archives départementales de l’Aube

 

La campagne de France de 1814 est avant tout une bataille de ponts. Face à une armée coalisée, entrée en France sur trois axes (armée du nord du roi de Suède Bernadotte par la Belgique, armée prussienne de Blücher par la Lorraine, armée autrichienne de Schwarzenberg par les Vosges), Napoléon cherche à empêcher ses adversaires de se rejoindre puis de remonter les vallées fluviales. Il espère pouvoir attaquer chacun séparément, à effectifs plus équilibrés, plutôt que d’affronter ces Alliés à pleine force. Pour cela, les ponts sur l’Aube, la Marne ou la Seine jouent un rôle-clé. Plusieurs batailles auront pour enjeu le franchissement des rivières.

Pour défendre la France, au cours de sa première campagne sur le sol français, l’Empereur ne dispose que de troupes disparates, mal équipées et mal entraînées. 70 000 soldats, dont les Marie-Louise  - ces conscrits de 16 ans - affrontent plus de 200 000 hommes. Ils vont traverser la Champagne de part en part, à pied, soit près de 1 650 km en deux mois… Le tout en plein hiver, dans des conditions très difficiles.

 

De la première bataille à Brienne-le-Château le 29 janvier 1814 à la défaite d’Arcis-sur-Aube les 20 et 21 mars, Napoléon et ses troupes sillonnent l’Aube. Ils affrontent tour à tour les Prussiens, les Autrichiens et les Russes, pour tenter de sauver l’héritage et les frontières de la Révolution.

L'Aube durant la Révolution et l'Empire

La loi du 28 pluviôse an VIII a divisé le département en cinq arrondissements, avec pour chefs-lieux Arcis-sur-Aube, Bar-sur-Aube, Bar-sur-Seine, Nogent-sur-Seine et Troyes, cette dernière ville abritant également la Préfecture. Se succèdent à la Préfecture Claude-Louis Bruslé, chevalier, puis baron de Valsuzenay, du nom d’une ancienne seigneurie près de Vendeuvre, du 18 ventôse an VII (23 mars 1800) à 1810, puis Charles-Ambroise Caffarelli (12 février 1810 – 2 février 1814).

L’Aube connaît alors une réelle prospérité, grâce à ses ressources agricoles et à l’industrie cotonnière de Troyes, mais cette prospérité sera ébranlée par les invasions de 1814 et 1815.

En l’an XII (24 septembre 1803 – 22 septembre 1804), le département compte 230 000 habitants, dont un peu plus de 30 000 à Troyes et dans les faubourgs, 3 655 à Bar-sur-Aube, 3 200 à Nogent-sur-Seine, 2 545 à Arcis-sur-Aube et 2 239 à Bar-sur-Seine.

L’industrie textile

L’industrie textile est surtout concentrée dans les villes. A Troyes, après les difficultés des années 1790, durant lesquelles la bonneterie se réfugie dans les campagnes et le nombre de métiers de toilerie passe de 3 000 en 1791 à 1 200 en 1795, l’activité économique reprend progressivement. En l’an XII, l’ensemble de la filière textile occupe 6 000 à 8 000 personnes, même si plus de 3 000 d’entre-elles demeurent dans une situation précaire. Le nombre de métiers de toilerie est repassé à près de 1 800. La draperie, encore importante au XVIIIe siècle, ne compte plus que 3 à 400 métiers. La bonneterie, où s’est notamment illustré l’industriel Payn – qui obtient une récompense au concours national de Paris, en vendémiaire an VII – apparaît comme la principale industrie d’avenir : Troyes compte 620 métiers spécialisés en l’an XII, sur 1 500 répartis sur l’ensemble du territoire départemental. La ville compte également trois manufactures de toiles peintes, créées en 1764, 1792 et 1795, et 25 blanchisseries, installées au bord de la Seine.

L’agriculture

L’agriculture conserve une place prépondérante. Si la culture du chanvre est répandue sur l’ensemble du territoire départemental, ce dernier comprend néanmoins quelques zones spécialisées : la Champagne crayeuse et le Pays d’Othe cultivent essentiellement du seigle, de l’avoine et du sarrasin, tandis que la Champagne humide et la plaine de Brienne – marquées par les prairies naturelles et la forêt – se distinguent par la culture du froment et de l’avoine. Le Barrois, où alternent collines et vallées, offre un paysage plus varié, avec du froment-orge, du froment-avoine et de la vigne.

La surface du vignoble, particulièrement implanté dans le Barrois et aux environs de Troyes, ne cesse de croître. De 14 000 hectares en 1800, elle dépasse en effet les 23 000 hectares en 1860. Même si sa qualité diminue, le vin, qui fait sans doute vivre plus de 30 000 personnes, est largement exporté, que ce soit vers la Marne, la région parisienne, le Nord, ou les Pays-Bas. L’invasion et les guerres de la fin de l’Empire ne font que perturber ces exportations pendant quelques temps, et réduire le rôle de certains marchés privilégiés, comme celui de la Belgique.

L’Aube est également un département d’élevage, mais le cheptel équin, bovin et ovin – surtout concentrés autour de Troyes et de Nogent-sur-Seine – est généralement de qualité médiocre, malgré les importations de vaches normandes – dès 1786 – ou de moutons mérinos d’Espagne, à la fin de l’Ancien Régime. Les autres élevages concernent les mulets – notamment dans le canton de Bouilly –, ainsi que les ânes, les chèvres et les porcs, largement répandus sur l’ensemble du territoire départemental. En 1806, le sous-préfet de Nogent estime ainsi plus de 5 000 le nombre de porcs de son arrondissement et la situation semble identique sur le reste du territoire départemental.

Dans le domaine de l’instruction publique, l’Ecole centrale de Troyes créée par la Convention, en 1796, est supprimée en 1802. Elle est remplacée en 1804 par une Ecole secondaire dépendant de la commune. Sa bibliothèque passe à la commune en 1805.

Accueil Plan du site Crédits et mentions légales Accessibilité réalisation Business & Decision Eolas